mercredi 7 novembre 2012

Provocation

désolé d'avoir choqué mon lecteur assidu, que je salue au passage, par les provocations auxquelles je me suis livré dans mon précédent message. Je vais aujourd'hui parler de la réélection de Barak Obama à la présidence des Etats-Unis d'Amérique. A priori, il semble que le score flatteur qu'il a atteint tient à l'évolution de l'électorat au sein duquel les noirs, les asiatiques et les latinos sont de plus en plus nombreux. Les USA ont assimilé tant de personnes venues d'horizons en apparence si divers qu'ils peuvent bien réussir l'intégration de ces minorités. Beaucoup d'enfants d'immigrants se montrent plus amùéricains que les wasps. L'important en l'affaire repose sur la conviction que le pays offre à tous des chances à saisir. La confiance dans les destinées de l'Union justifie que des étrangers veuillent en faire partie. le jour où les français se montreront aussi accueillants, aussi positifs, aussi dénués de préjugés, ils ne provoqueront pas chez leurs arrivants ces réflexes frileux de repli sur soi. Interdire le voile, c'est se montrer peureux, c'est encourager les populations qui viennent chercher du travail et un logement à se retrancher dans leurs pratiques parfois médiévales. La meilleurr façon de lutter contre les marques ostentatoires de refus d'intégration, c'est d'être attractif : si les immigrés se disent que se vêtir comme nous, c'est plus agréable, ils rejetteront leurs costumes peu adaptés à la vie moderne, voilà tout. En faire une question philosophique, c'est se couvrir de ridicule.

lundi 22 octobre 2012

Religions

Je viens de lire une lettre du Père de Foucauld à son futur biographe, René Bazin, dans laquelle il dit que les musulmans ne seront vraiment français que lorsqu’ils abandonneront leur foi pour rejoindre le catholicisme. A le lire aujourd’hui, on sourit, car le moins que l’on puisse dire, c’est que l’objectif n’a pas été atteint.

Primo, la république laïque n’a pas encouragé l’action missionnaire des prêtres et religieux en Algérie.
Secundo, Foucauld assure qu’on ne peut convertir que par l’exemple et la pratique de la charité ; il me semble douteux que la majorité des européens qui se sont réfugiés en Afrique du Nord ou y sont partis chercher fortune se soient beaucoup souciés du salut des âmes des indigènes. Quand on voit le statut concocté envers eux, pour ne pas dire contre eux, on ne peut se montrer surpris de constater l’hostilité permanente desdits indigènes à l’encontre du pouvoir métropolitain et des colons.

Mais tout cela relève du passé, et à présent, les musulmans envahissent notre pays, comme nous l’avons fait naguère ; ils entendent faire respecter leurs lois et coutumes, ainsi que nous le faisions, et ce n’est pas plus acceptable. A l’époque de la guerre d’indépendance de l’Algérie, les pieds noirs représentaient un dixième de la population, là-bas. Actuellement, chez nous, les nord-africains d’origine musulmane ne sont pas loin de peser autant. Pour être venus chez nous sans armes, ils n’en sont pas moins conquérants.

Si on observe avec le recul, dans l’histoire des sociétés, quand une religion s’affaiblit, une autre prend le relais, comme si l’homme avait du mal à se passer de croyances surnaturelles. Il semblait depuis le milieu des années 50 que l’Occident connaissait une expérience toute nouvelle d’une société sans religion, sans prêtres, dans laquelle la grande majorité de la population n’éprouvait pas un besoin vital de spirituel. Devons-nous nous résigner à accepter qu’une autre croyance prenne la place de celle de nos pères ? A la fin de l’Empire romain, le culte de Jupiter et de ses semblables ressemblait à une vaste mascarade. Puis est arrivé le christianisme. Du moins représentait-il une amélioration par rapport aux dieux capricieux de l’antiquité, alors que je ne crois pas que les idées soutenues dans le coran apportent une vision élargie, plus libérée de l’humanité. Pour moi, un état islamique, c’est le retour au moyen-âge, une nouvelle inquisition et un nouvel asservissement.

Dieu est mort, nous ont seriné nos philosophes. Eh ! Bien, vive Mahomet !

jeudi 18 octobre 2012

Merkeliste, ou merkelien?

Pour une fois, je trouve qu’elle parle d’or, si on peut dire. Instituer une monnaie unique sans maîtriser collectivement les politiques budgétaires, c’est s’exposer aux tiraillements que nous rencontrons depuis deux ou trois ans. Accepter qu’une instance supranationale puisse refuser notre budget, voilà qui est dur à avaler, mais la pérennité de la monnaie unique est à ce prix.

D’ailleurs, cela va plus loin, car si des politiques fiscales trop disparates se font jour, on assistera à des mouvements de capitaux, des implantations massives qui déséquilibreraient l’ensemble européen. Donc non seulement, l’Europe doit veiller à ce qu’un pays n’accepte pas un déficit nettement plus élevé que la moyenne, mais elle doit œuvrer au rapprochement des taux de TVA, de l’imposition sur le revenu, sur le capital, usw.

Une Europe fédérale se profile, faute de quoi nous reviendrons à des états-nations rabougris et une situation de dépendance plus forte des grands ensembles que sont les Etats-Unis et la Chine.

Et ceux qui s’accrochent à la liberté de manœuvre de la France n’ont plus que les yeux pour pleurer.

lundi 24 septembre 2012

La route est pleine d’embûches et bordée d’écueils

François Hollande ne peut pas avoir cru qu’il serait aisé de diriger le pays dans la situation où François Fillon l’a laissé. Le soudain désamour dont il est l’objet, et qui ne fait que commencer, il n’était pas difficile de le prévoir. Il serait exagéré de dire que toute l’action du gouvernement me satisfait, mais je la soutiens malgré tout, parce qu’elle me plaît davantage que les rodomontades de la droite, qui a annoncé une situation de faillite pour endetter encore plus le pays. Au moins, Hollande s’attaque au cœur du problème. Il va « déguster », c’est sûr. Il va connaître une descente aux enfers sans précédent. C’est là qu’il faut le soutenir, parce que je crois qu’il n’y a pas d’autre politique possible et que la droite aurait malgré son penchant pour la démagogie fini par y venir, avec en moins le souci de préserver ce qu’on peut de justice sociale. Hollande et les socialistes sont en train de manger leur chapeau, et c’est ce en quoi ils me touchent. Lorsque la gauche a dans le passé exercé le pouvoir en période plus faste, elle s’est laissé aller à la facilité. Dans la rigueur, je souhaite qu’elle se montre courageuse.

dimanche 22 juillet 2012

cynisme

c'est là pour moi une attitude absolument immorale, révoltante. Ne pas croire qu'il y a un peu de bon dans tout être humain représente pour moi le comble de la désespérance. Et pourtant, avec l'âge, on est tenté de se dire que tout se vaut, que rien ne mérite qu'on se sacrifie, que les martyrs obéissent à des motivations secrètes plus ou moins inavouables.
Le passage à la phase dernière de notre existence, qu'accompagne inévitablement la pensée de la mort, n'incite pas à l'optimisme. Que m'importe de suivre les principes de la morale, si demain je meurs? La religion, du moins, a ceci de bon qu'elle nous fournit jusqu'au bout des raisons d'espérer.
Lorsqu'on se retourne sur les épisodes d'une existence somme toute banale, on ne peut manquer d'avoir quelques hauts le coeur, des remords, des heures qu'on voudrait effacer, des moments qu'on ne peut changer mais dont le souvenir est comme une épine. Alors, si nous avons souvent une face sombre, faut-il pour autant rejeter les épisodes plus reluisants? Le mal l'emporte, et si je croyais à un jugement dans l'au-delà, je ne donnerais pas cher de mes chances d'aller au paradis.
Une solide formation chrétienne pousse à chercher la rédemption. Cela même ne sert guère.
Je crois que la meilleure manière de ne pas tomber dans la délectation morose consiste à compenser les pensées négatives par le souvenir de ce que nous avons apporté de bon autour de nous, à nos enfants, à des amis...
Ouais, j'ai du mal à m'y contraindre.

dimanche 1 juillet 2012

petit additif

j'ai dîné hier auprès de deux exilés fiscaux, qui n'avaient pas attendu l'élection de Hollande, mais se sentaient confortés dans leur décision d'antan. Un couple fort sympathique, au demeurant. Simplement, participer à l'effort national ne les regarde pas. Je pensais à Danton : on m'emporte pas sa patrie à la semelle de ses chaussures... Et à l'époque, ceux qui fuyaient la France craignaient, non sans raison, pour leurs vies. Les riches français qui ont quitté depuis plusieurs décennies notre pays ne me font pas pleurer sur leur sort. Ils ont choisi leur camp. Je souhaite de tout mon coeur que l'avenir leur donne tort.
Allons, la misère ne frappe pas que les nantis.
Bon dimanche quand même à toutes et à tous.

Monsieur le Président,

Mon éducation, ponctuée de valeurs chrétiennes de partage et d’amour du prochain, m’a tenu depuis fort longtemps éloigné de celles et ceux qui assurent que rien ne sert d’aider les autres et que nous devons nous concentrer sur la satisfaction de nos propres besoins. C’est ainsi : la vie m’a appris que les personnes qui prônent l’altruisme sont souvent plus que les autres la recherche de satisfactions, de gloire ou de pouvoir. Il n’empêche, je reste et demeure attaché aux valeurs de solidarité. Venir en aide aux plus démunis, ce n’est pas pour moi les maintenir dans leur dépendance, mais leur permettre d’en sortir. Naïf ? Eh ! bien, oui, j’assume ce qualificatif. Je préfère me trouver avec les petits, les pauvres et les exploités, au risque de passer pour un imbécile.
Là se trouve une des raisons pour lesquelles je n’aurais pas voté pour Strauss-Kahn. Je me contrefiche de son addiction au sexe, mais son amour de l’argent, plus fort encore que celui de Sarkozy, me fait horreur. Ne m’en veuillez pas : je rêve d’une gauche vertueuse. Lorsqu’en 1981 j’ai voté pour Mitterrand, je ne me faisais guère d’illusions, mais pensais que la gauche, même impure, valait mieux que la droite. Je ne m’attendais pas des miracles et n’ai pas été déçu. Seul Robert Badinter m’a enthousiasmé.
J’ai voté pour vous au second tour de la primaire car, ayant vécu Lille, je n’appréciais pas la morgue et l’intolérance de Martine Aubry. J’ai ensuite voté pour vous aux deux tours de la présidentielle et me suis réjoui de votre élection. Cette fois encore, je ne voulais pas trop attendre des élus. Les temps sont durs, certes, et les marges étroites. J’avais soutenu, sur mon blog, que le mieux serait un président qui demanderait des sacrifices aux français, mais garderait le souci de la justice. Je ne croyais pas trop cela réaliste.
Et puis voil que votre gouvernement, le nôtre, semble décidé emprunter la voie de la rigueur et demander plus d’efforts aux nantis. Je crois rêver : ce que j’imaginais et pensais chimérique est-il en train de se produire ?
Monsieur le Président, je veux vous encourager tenir bon. Vous ne manquerez pas de rencontrer des obstacles. Les gens n’aiment pas se serrer la ceinture, les riches pas plus que les pauvres. Je vous conjure de garder le cap, dans les moments difficiles que nous ne manquerons pas de connaître. Si vous commencez au début de votre mandat, vous pouvez espérer que dans deux ou trois ans la situation se montrera plus favorable. Ne vous illusionnez pas : d’ici là , ce sera dur.
A mon petit niveau, je m’efforcerai d’expliquer autour de moi que vous montrez la bonne direction.
Je me considère comme faisant partie des privilégiés et accepte sans rechigner de renoncer quelques avantages. Je prendrai les transports en commun et n’aurai plus qu’une seule voiture. Je ne partirai pas en croisière, sans doute. Eh ! Bien, si c’est le prix payer pour que mon pays s’en sorte, si les plus démunis souffrent moins, je sacrifie sans barguigner ma huitième Ferrari, comme l’a dit drôlement Eric Orsenna.
Monsieur le Président, je vous soutiens comme je peux. J’aimerais que la presse apporte aussi son concours l’effort que je crois indispensable, qu’elle explique au public que les bons apôtres qui prétendent qu’en quittant l’Europe et en rapatriant des activités chez nous, ou en refusant d’accueillir plus malheureux que nous, nous sortirons du marasme, que ces démagogues nous mentent.